Mon sourire est mort-né sur mes lèvres, résultant en une grimace immuable et profondément laide.

Mon sourire est mort-né sur mes lèvres, résultant en une grimace immuable et profondément laide.
J'ai encore pleuré toute la nuit, mon iPod sur les oreilles. Au petit matin, mes yeux étaient cernés de noir, je n'ai pas eu le courage de me démaquiller hier soir.

Toute la nuit, en silence, j'ai contemplé l'ombre des rideaux sur la porte. Mes yeux tentaient de percer l'obscurité sans relâche. J'ai tellement peur du noir.
Ce noir qui broie plus qu'on ne le broie. Qui fait si mal. Dans le noir il est impossible de voir. Moi je veux être vue. C'est peut-être pour ça que je me pare chaque jour de toutes ces couleurs vives. Je ne veux pas être oubliée.

J'ai bu vos peurs comme un nuage de coton plongé dans l'eau, je m'en suis imprégnée, imbibée, j'ai fait miennes vos angoisses latentes.
Je ne supporte plus ce que j'ai tant aimé autrefois, cette obscurité au sein de laquelle tout me parraissait possible...

Il paraît que lorsque l'on est au plus bas, on ne peut que remonter. Et moi qui suis suspendue à quelques centimètres de ce fond, qu'est-ce que je peux faire ?

Tendez les bras. Attrapez-moi, par pitié. Il fait bien trop sombre pour moi dans le fond de ce gouffre.

# Gepost op dinsdag 29 juli 2008, 14u46

Et tu m'avais offert une cigarette, une vraie, pas une roulée, avant de me ramener en moto à 5h du mat' en me donnant ton casque.

Et tu m'avais offert une cigarette, une vraie, pas une roulée, avant de me ramener en moto à 5h du mat' en me donnant ton casque.
Ce soir je suis encore seule. Ce soir je suis, comme d'habitude, à seulement dix petits kilomètres de toi. C'est rien du tout n'est-ce pas, dix kilomètres ? Oui, c'est rien. Et pourtant c'est la longueur exacte de ma langueur ce soir.

Tu te rappelles la fois où je les ai parcouru à pied, ces dix kilomètres ? Il était trois heures du matin, j'étais ivre à cause des whisky-coca bus sur msn en parlant à Elyssa et ma petite robe et mes sandales d'été ne me tenaient pas bien chaud.

Je marchais dos aux voitures, et quand elles passaient à côté de moi, je me retournais d'un coup et je les regardais droit dans les phares d'un air morbide. Qu'est-ce que je riais ensuite ! Je jouais à la Dame Blanche. Je n'avais pas peur. Pourquoi aurais-je eu peur ? J'allais te retrouver.

Je suis arrivée en vie. C'est fou, n'est-ce pas ? Il était trois heures du matin, j'étais seule au bord d'une route de campagne plutôt fréquentée, j'étais saoûle et il ne m'est rien arrivé.

Qui m'a protégé ? Je ne sais pas. Mais je sais pourquoi.

Parce que tu es l'homme de ma vie. Oui, tu as un an de moins que moi. Qu'importe. Moi je sais que ma vie je la passerai dans tes bras. T'es mon idéal masculin. ça me fait rire ces truc clichés (je me croyais tellement au -dessus de ça !) mais pourtant qu'est-ce que c'est vrai.

Alors je devais te retrouver. Je devais les parcourir, ces kilomètres, pour trouver enfin l'assurance tranquille de venir te dire sans craintes ce que je t'ai dit en arrivant chez toi.

Je t'aime.

# Gepost op zondag 27 juli 2008, 18u01

Je t'analyse, je te vis, je te baise et tu me tues.

Je t'analyse, je te vis, je te baise et tu me tues.
Combien de fois ai-je eu envie d'aller vers un parfait inconnu et de lui dire en lui prenant les mains "dis-moi tout" ?

"Dis-moi tout". Formule évasive pour dire "parle-moi".
Pour dire "je suis là. J'ai l'air insignifiante, je sais - ne nous y trompons pas : je le suis - mais je veux t'écouter. Je veux être le témoin muet de ton existence, je veux être le confident de ton esprit, l'observateur silencieux de tes actes les plus vils et les plus cruels, la contemplatrice de tes joies et de tes réussites, je veux savoir tous les instants de ta vie, les posséder comme si ils étaient miens, je veux même apprendre sur toi ce que tu ne connais pas toi-même...

Tu ne sais pas quoi dire ? Commence par ton nom. Puis le nom de tous les ancêtres dont tu peux te rappeler. Et tes descendants si tu en as. Maintenant, cite-moi quelques anecdotes de ton enfance. Oui, même celles qui sont un peu honteuses, je ne suis pas là pour te juger voyons. Je suis là pour te sucer jusqu'à la moelle.

Je vais entrer en toi et dévorer tout ce qu'il y a à manger. Oh oui, surtout tes peines. A présent, parle-moi de tes histoires de coeur. Ah oui, monsieur est un séducteur ? Monsieur en a défloré plus d'une ? Ce n'est pas honteux, ne sois donc pas rouge comme cela. Assume. Il y a pire qu'un connard, vois-tu. Il y a le connard qui n'assume pas.

Abusé de filles lors d'une soirée trop arosée ? Et bien mon salaud, ton casier existenciel est loin d'être vierge, le bon St Pierre va s'arracher le peu de poils qui lui restent sur le crâne en te voyant arriver !"

Je lâche tes mains qui sont à présent glacées et plonge les miennes en toi, au plus profond de ta substance, et je trouve ton âme, et je serre. Tu as déjà pris du LSD, n'est-ce pas ? Bien sûr que oui. Tu fais partie de ces abrutis qui sauteraient du sixième pour un peu qu'on leur dise "chiche".

En ce cas, tu connais cette sensation non ? Tu planes, n'est-ce pas ? Profite-en bien. C'est la dernière fois de ta vie que tu ressens cela. Car voici l'heure de la prise de conscience.

Je dessere l'étreinte et tu retombes, les yeux hagards, l'air perdu. Tu sais. Tu sais qui tu es autant que je le sais.
Alors, en un dernier geste théâtral dont la beauté t'échappe puisque ta culture brille par son inexistence, je t'attrape par les cheveux et tire ta tête en arrière, offrant ainsi ta gorge délicate à la lame amère de ma jouissance malsaine.

Et je tranche.

# Gepost op zondag 20 juli 2008, 07u01

Bac en poche, des nouvelles Vans et une poupée au coeur. [minishort en jean de mes rêves où es-tu ?]

Bac en poche, des nouvelles Vans et une poupée au coeur. [minishort en jean de mes rêves où es-tu ?]
Enfin, la fin du suspense, enfin la fin des regards en coin et des "elle l'aura pas" murmurés au creux d'oreilles inconnues.
Enfin le "félicitations, je suis fier de toi" tant attendu. Juste pour ces quelques mots ça valait la peine. Tu vois Papa que je ne me suis pas tout à fait démoli le cerveau avec mes conneries.
Tu vois que tu n'aurais pas dû me tordre le bras si fort quand j'étais 20 000 mètres au dessus de tout, ta bouteille de whisky à la main, seule dans ma chambre ce soir-là. Tu vois.

Le changement.
Le progrès ? Je n'en suis pas sûre. Une évolution tout du moins. Un nouveau monde. Passer d'une petite structure privée et morne à une université géante, vivante. Fini les coups de putes que je me plaisais à faire à tous ces enfants de bourge. Fini de tenir tête aux professeurs, debout face à eux, inconsciente, souriante et sûre de moi. Fini les longues envolées de rire dans la cour avec ces onze filles si particulières que j'affectionne tant.

L'heure de l'aiguillonage est arrivée. La grande roue de la vie fait encore une fois patiamment son office. Elle désenlace les bras qui s'accrochent avec force, elle sépare tant bien que mal les couples construits sur ces heures de cours passées ensembles. Elle détruit pour mieux reconstruire.

Et cette fois je m'en vais, je les quitte, je pars, je pars enfin seule. Juste avec lui. Des souvenirs plein la tête, de la nostalgie sur le coeur mais le sourire aux lèvres.
Ma propre vie qui commence enfin.

# Gepost op zaterdag 05 juli 2008, 06u17

Gewijzigd op zaterdag 05 juli 2008, 06u38

Dans mon sac hier il y avait soixante euros, un lait pour le corps à la framboise et mon maillot.

Dans mon sac hier il y avait soixante euros, un lait pour le corps à la framboise et mon maillot.
Quand j'étais petite, les murs de ma chambre étaient verts. Vert comme l'espoir que mes parents plaçaient alors en moi. J'étais l'aînée. On me disait intelligente. J'ai appris à lire seule. Des promesses de réussite. Et pourtant.
Le vert m'a glacée au plus profond.

Ici c'est bleu. Bleu comme la réalité de mon existence. Le bleu de la glace qui brûle et colle les doigts. La peau s'y déchire. La douleur. C'est moi. C'est ma couleur.

Bleu comme ma dépression. Car oui, je vous l'avoue. Ryan est dépressive. Il est moche ce mot. Il me fait peur. Le psychiatre aussi me fait peur. Il me gave de ses petites pillules comme on gave une oie. Je le sais. Ils vont tous me BOUFFER LE FOIE.

Et je m'en veux, au fond, c'est moi la plus haïssable, j'ai tout, TOUT pour être heureuse, et pourtant je ne compte plus les fois où je me suis endormie dans mes pleurs, dans ma morve et ma souffrance.
"Tu as un coeur de pierre"
Tu n'as pas de sentiments".
C'est faux. C'est tellement faux. J'ai mal, regardez ! Vous ne la voyez pas, putain, vous ne la voyez pas cette douleur qui me transperce, vous ne voyez pas que mon cerveau me coule sur le coeur, l'enserre et le recouvre, aidez-moi, merde. Aidez-moi au lieu de me condamner. Je n'ai pas besoin de vous pour ça.

J'ai tellement mal quand je suis seule.

# Gepost op vrijdag 04 juli 2008, 06u38